dimanche 30 mai 2010

Pour changer !

Ouais, je sais, vous n'en avez rien à péter de Lost mais j'arrête pas de trouver des trucs super à voir ou à lire ! Et puis ça me détend !

Comme cette vidéo : Unanswered Lost Questions
Donc, pour les fans, voici en 5 minutes de vidéo, un résumé de TOUTES  les questions qui ne trouveront jamais de réponse. C'est impressionnant,  drôle et cela fait ressurgir un max de souvenirs. Et si finalement ce  n'était pas ça le plus fort dans Lost ? Le chemin... plus que l'arrivée...



Super, non ?

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Et  ici,  un petit top totalement partial des 10 moments les plus hallucinants de  Lost, à travers les 6 saisons. Du coup, j'ai fait mon propre classement...

12. L'exécution d'Alex 4.09


Une scène brutale et  intense, au talkie-walkie, entre Keamy le psycho et Ben (dans son genre, il est pas mal aussi...). Brut.

11.Henry Gale ou ? 2.16
Ben, alors qu'il est encore Henry, en conversation (ou plutôt en monologue) avec Jack et Locke, qui leur explique que s'il était un des Autres, il aurait sans doute envoyé leurs amis (Ana Lucia et Sayid) dans un piège. Et sur ce, il leur demande du lait... Glaçant ce type... Brrrr !

10. L'affrontement Locke/Jack 2.03 etc.




Difficile de trouver un unique moment tellement ils sont nombreux. Mais j'aime particulièrement le clash dans la trappe (saison 2) :
Locke dit à Jack : -Why do you find that so hard to believe ?!
Et Jack lui hurle en retour : -Why do you find it so easy ?!!
-It's never been easy !!
J'adore !  

9. Desmond et Penny au téléphone 4.05
C'était dans The Constant, l'un des meilleurs épisodes de la série (je l'ai déjà dit, mais les épisodes centrés sur Desmond sont incroyables !). Ce moment du coup de fil entre Des et Penny est réellement bouleversant. Tous les deux ont eu droit à la plus magnifique des histoires d'amour de la série et cette conversation dans cet épisode hallucinant en est l'apothéose...

8. Le sacrifice 5.14





Daniel, voyageant dans le passé, tué par celle qui deviendrait plus tard sa mère, qui elle même saura le renvoyer là pour que ce destin s'accomplisse. Flippant...

7. La trahison de Michael 2.20
L'exécution d'Ana Lucia par Michael m'a soufflée. Et par ricochet celle de Libby. Impressionnant.

6. La mort des amants 6.14




Vraiment inattendue, la mort de Sun et de Jin, ensemble pour l'éternité mais séparés à jamais (les mains qui se séparent dans l'eau). Un grand choc...

5. La transmission 6.18




Pour le regard de Hurley lorsqu'il succède à Jack dans la peau du nouveau Jacob. J'adore Jorge Garcia dans cette scène. Celle-ci n'est pas spectaculaire mais intense. Beaucoup d'émotions aussi chez Matthew Fox...

4. We have to go back !!! 3.23



La révélation de la fin de la saison 3. Alors qu'on croit assister à un flashback de Jack (avec sa barbe de 6 mois et son air suicidaire), on découvre à la dernière minute du dernier épisode de la saison 3 que les Losties sont rentrés. Et Jack qui hurle à Kate : We have to go back !!!

3. La mort de Juliet 5.16 et 5.17




Parce que Juliet était un personnage complexe et attachant, parce que son histoire d'amour avec Sawyer était vraiment crédible et belle. Et que sa disparition a été un moment parmi les plus intenses de la série, sur un cliffhanger incroyable...

2. "Not Penny's boat" 3.23 et 6.11




Je l'ai déjà dit, je ne suis pas fan de Charlie. C'est même LE personnage que je n'aimais pas (avec Boone, mais celui là m'a ennuyée moins longtemps). Mais purée, le not Penny's boat écrit sur sa main m'aura hantée longtemps... Et puis par extension, un autre grand moment lors de l'épisode 6.11 lorsque Charlie révèle à Desmond leur passé sur l'île...

1. Le réveil de Jack après le crash 1.01



Parce que c'est tout bêtement du pur génie. Un œil qui s'ouvre, un chien et le cauchemar. Hallucinant.

vendredi 28 mai 2010

Epilogue

Michael Emerson (Ben) a révélé qu'il y aurait un épilogue à Lost, inclus dans les bonus du coffret DVD de la saison finale. Cet épilogue durera une quinzaine de minutes...

Ci-dessous, quelques images de The End, qui m'ont marquées... J'ai un peu triché en incluant une image d'un épisode précédent, mais bon...

L'image de Hurley dont j'avais parlé dans un post précédent est dans les photos. Jorge Garcia est sublime dans cette scène.

Je n'ai jamais été fan de Claire et Charlie, mais j'aime l'image de Claire dans cet épisode (et particulièrement sur cette photo), dans les flash sideways. Et les retrouvailles avec Charlie sont beaux...

J'aime Richard qui se découvre mortel...

J'aime Ben, qui hésite à retrouver les autres et qui décide encore d'attendre, peut être Alex...

Et Daniel. A part.

Et puis Shannon. J'adore Shannon...

Et l'oeil de Jack. Et les quatre lettres...

Va falloir que je dise adieu à Lost maintenant...






mercredi 26 mai 2010

Alternative endings

Bon, j'ai regardé le final. J'en reparlerai plus tard. Faut que je laisse reposer.
En attendant, voici des fins alternatives hilarantes...

Pour info, la première fin alternative reprend les codes de  l'émission Survivor, alias Koh-Lanta en France. La  seconde fin copie celle de l'excellente série Les Soprano.  Enfin, la troisième vidéo est un clin d'oeil à la sitcom Newhart,  diffusée de 1982 à 1990 aux Etats-Unis (dans le dernier épisode de cette série, le personnage  principal de la précédente série du même acteur, le Bob Newhart Show  (1972-1978), se réveillait à la place du protagoniste de Newhart,  aux côtés de l'épouse de l'a première série. La série Newhart  n'était donc qu'un rêve issu de la première !)

This is the end, my friends

Un final vraiment extraordinaire.


Difficile de quantifier tout ce que Lost aura apporté aux séries télévisées et au cinéma...
Incroyables ces 10 dernières minutes et toutes ces interprétations possibles, qui n'ont pas fini de faire cliquer sur les forums et les blogs...




J'ai ma propre interprétation. Je crois que chacun peut avoir la sienne. Les auteurs ont su s'adresser à leur public afin de leur laisser des ouvertures et une grande liberté.

Jamais une série n'aura emporté ses fans aussi loin dans l'imaginaire et la complexité, leur offrant une explication sans la donner clairement, les faisant réfléchir et s'interroger... Ils nous ont laissé des dizaines de fils à exploiter, pour encore et encore laisser notre esprit vagabonder...

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Une image (que je n'ai pas)

L'image qu'il me restera, je crois que ce sera le visage de Hurley lors de sa dernière conversation avec Jack, près de la source. Sublime Jorge Garcia. Et bien sûr aussi les 4 fameuses lettres blanches sur fond noir, les dernières cette fois ci, lorque Jack a fermé les yeux...

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Lost va beaucoup me manquer. Je crois qu'aucune série avant longtemps ne pourra se hisser à ce niveau de complexité et d'intelligence. Une série qui prenait soin de ses fans...

Pour conclure, à la manière de Desmond,
See ya in anotha life brotha...

Un peu d'humour

Quelques vidéos parodiques autour de Lost, parfois très drôles ! (ma préférée est celle de Jacob et MIB)

Lost, le sitcom !

Saison 1 !



Saison 2 !



Saison 5 !




Jacob et MIB joue à "Puissance 4" !




Lost, the Musical !

Mythologie et culture pop

Le dernier épisode de Lost aurait été déjà téléchargé 900 000 fois sur les réseaux P2P, en l'espace de 20 h. Selon Torrentfreak, ce chiffre augmentera de quatre à cinq millions  d'ici à la fin de la semaine seulement, ce qui pourrait ensuite le  conduire au-delà des six millions. On est en tout cas bien au-delà de la  moyenne enregistrée habituellement, de 1,5 million de téléchargement  par opus...

A part ça, voici une analyse super intéressante sur Excessif.com (par Victor Lopez, 26 mai 2010) :

Mythologie et culture pop


A Hurley, qui, comme beaucoup de personnages de Lost, va sincèrement nous manquer.

Irrité par les questions  sur son père, Miles arrache des mains d'Hurley le mystérieux carnet dans  lequel le sympathique geek semble cacher ses secrets les plus  personnels. Celui-ci explique alors : « J'écris L'Empire  contre-attaque. On est en 1977. Star  Wars vient de sortir. Bientôt, Lucas voudra faire une  suite. J'ai vu le film 200 fois. Je me suis dit que je pouvais lui  faciliter les choses en lui envoyant le scénario... avec quelques  améliorations ». Sous ce clin d'œil amusant se cache peut-être une  des clefs de Lost,  dont le projet est finalement assez proche de la tentative d'Hurley :  réécrire en six saisons une histoire du fantastique en en revisitant ses  thèmes et classiques... avec quelques améliorations.


De Retour vers le futur à Airport,  de Lewis Carrol à Green Lantern, tout y passe. Ce  fourmillement de références qui éclairent les parcours des personnages,  tout en étant parfaitement intégré à la narration, transforme la série  en un condensé boulimique de la culture geek, sorte de génial digest,  qui a pour but de faire partager à un public, le plus large possible,  les joies d'univers décalés.

Une mythologie télévisuelle.

A première vue, le pitch  de Lost pourrait faire penser à un croisement sophistiqué  entre Survivor, l'émission de télé réalité U.S. qui a inspiré  notre Koh-Lanta, et L'île des naufragés, une sitcom  au titre évocateur produite par ABC dans les années 60. Mais  lorsque que le projet échoue sur le bureau de J.J. Abrams, le roi des geek,  et Damon Lindelof, l'autre tête pensante de Bad Robot, les  deux hommes y voient aussitôt un moyen de rendre hommage à une culture  télévisuelle plus personnelle. En fans de La Quatrième dimension,  ils se focalisent sur les mystères de l'île plutôt que sur les parties  de pêche, et optent pour une structure en Flashback dont chaque  récit éclaire le passé des personnages en se terminant sur un  retournement de situation très proche de la technique narrative qui  animait la série des années 60. Il est même possible de placer le texte  du générique de Rod Sterling en ouverture de Lost sans avoir à y  changer un mot tant son sens colle parfaitement à l'atmosphère de l'île  mystérieuse : « Il existe une dimension au-delà de ce qui est connu  de l'Homme (...) elle est à la croisée de l'ombre et de la lumière, de  la science et de la superstition, elle est le point de rencontre des  ténèbres crées par les peurs ancestrales de l'Homme et de la lumière de  son savoir...».  

L'autre grande série fantastique des années 60 qui  irrigue Lost  est Le  Prisonnier. On y retrouve un même lieu unique et  inquiétant, allégorie de notre monde où évoluent des personnages qui  n'arrivent pas à y échapper. Les débats lancés sur la signification de  l'île et de Lost rappellent d'ailleurs fortement ceux  provoqués par les visions de Patrick McGohan. Et quand, au début de la  saison 3, on découvre le village Dharma, il est impossible de ne pas  penser à celui du Prisonnier, avec Benjamin Linus dans  le rôle du numéro 2, obéissant aux ordres du mystérieux et alors  invisible numéro 1 : Jacob.

Cette relecture des classiques permet  de lancer des pistes érudites tout en s'en appropriant la mythologie  dans un fascinant exercice de décalquage postmoderne. Mais Lost pousse  le  jeu du clin d'œil référentiel encore plus loin en inventant une  série dans la série : Exposé, parodie de Drôle  de dames dont une malheureuse actrice se trouve à bord du  vol Oceanic 815. Lost recycle, mais crée aussi ses  propres références. Dans la série, on écoute Drive Shaft ou Geronimo  Jackson un verre de l'excellent Whisky McCutcheon à la main. Par ce  mélange de références réelles et fictives, Lost arrive à  consolider un univers cohérent et ludique, faisant le bonheur du  spéctateur attentif qui croit alors d'autant plus au monde décrit.

L'héritage culturel passé au filtre geek

Loin de se  limiter à la télévision, les inspirations de Lost  puisent aussi abondement dans la littérature. Parcourir les titres des  épisodes donne même l'impression de consulter la bibliothèque de leurs   auteurs : A tale of two city (Dickens), Catch 22  (Joseph Heller), The Shape of things to come (H.G. Wells), Trough  the looking glass (Lewis Carroll)... Ces références s'inscrivent  dans une généalogie fantastique érudite mais toujours accessible, à  l'image de celles à Lewis Carroll. Dès les premières images du pilote,  le labrador de Walt apparait à Jack, étendu dans la jungle après le  crash de son avion, comme le lapin blanc d'Alice au pays des  merveilles. On pourrait énumérer ad vitam les références à  l'écrivain (du personnage de Kate, qui, après Sydney Bristow d'Alias  et avant Olivia Dunham de Fringe,  apparait comme l'héroïne carrollienne revisitée par J.J. Abrams, au nom  de la station « The Looking glass ») mais l'important est  l'appropriation de la thématique de l'ouvrage : la traversée du miroir  (le crash d'avion) métaphorise au pays des merveilles (sur l'île) les  événements qui se produisent dans le « monde réel ».

On lit beaucoup dans Lost, et pas  seulement Alice, que Jack ne manque pas de faire découvrir à  Aaron. Prisonnier des rescapés, Benjamin Linus arrive à manipuler Locke  en partant d'un débat sur Hemingway et Dostoïevski, soulignant que le  premier reste dans l'ombre du génie du second, comme notre aventurier  chauve dans celle du leader Jack. Voilà une utilisation  originale du savoir acquis au club de lecture des « Autres », dont une  réunion nous est même montrée. Celle-ci éclaire différemment encore les  conceptions artistiques des scénaristes. Juliette y a choisit Carrie  de Stephen King, critiqué par un grincheux qui clame que « ce  n'est même pas de la littérature, c'est du pop-corn car il n'y a pas de  métaphores ». Or justement, le propre de la littérature fantastique,  c'est son caractère métaphorique. Cet attachement à la littérature  populaire, couplé à des références classiques, indique un net refus de  hiérarchisation culturelle.

Lost se réfère autant aux comics (l'ours  polaire sort des pages d'un Green Lantern que Walt récupère  des bagages d'Hurley alors que des scénaristes comme Jeph Loeb ou Brian  K. Vaughan viennent prêter mains forte à l'équipe d'auteurs) qu'à des  écrits analytiques (le name droping philosophique, convoquant  les auteurs de théories du contrat social comme John Locke et Rousseau).  Et ces deux pôles ont autant d'importance aux yeux des créateurs de la  série, puisqu'ils sont avant tout un réceptacle permettant l'éveil de  l'imagination du spectateur.

En un mot : l'émotion


Impossible  enfin de ne pas évoquer les emprunts au septième art tant les  références au cinéma de Lucas, Spielberg ou Zemeckis reviennent à chaque  épisode. Un autre cinéaste des années 70, à la présence plus discrète  dans Lost, constitue peut-être une clef cachée de la  série : Francis Ford Coppola. Cité à deux reprises (Sawyer ne manque pas  d'appeler Locke Colonel Kurtz en référence au personnage de Marlon  Brando dans Apocalypse Now alors que le temple des  Autres de la saison 6 fait écho à celui du même film), les films de  Coppola sont traversés par les même préoccupations que Lost :  la famille, la seconde chance et les voyages dans le temps. Recoupant  ces deux dernières, le méconnu Peggy Sue s'est mariée  envoie une femme divorcée 25 ans en arrière, et la fait retomber  amoureuse de son mari. Véritable matrice des magnifiques épisodes de  Desmond, le film montre la voie à Lost, en utilisant  les thématiques fantastiques et l'audace conceptuelle comme un moyen de  placer l'émotion en son centre.



Car même quand Hurley parle de Star Wars  à Miles, c'est pour lui donner un conseil très humain : parler à son  père. « C'était aussi l'attitude de Luke. Il apprend dans L'Empire  que Darth Vador est son père, mais au lieu de ranger les  sabres lasers et d'en parler, il s'énerve et se fait couper la main. Ils  ont fini par régler ça, mais à quel prix ? Une étoile de la mort  détruite, Bobba Fett mangé par le Sarlacc, et on s'est tapé les Ewoks...  Tout ça aurait pu être évité s'ils avaient simplement communiqué ! Et  soyons francs, les Ewoks étaient nazes, Dude ! ».
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Et ci-dessous, un petit article du Point, qui déplore la fin de deux séries, 24 et Lost, qui auront marqué une décennie télévisuelle. Une page se tourne...

dimanche 23 mai 2010

Il y aura un avant et un après Lost





Une révolution Lost. Spécialiste  des séries et auteur du blog Time-square.fr, le Carrefour de  l’entertainement, Alexandre Cerri nous explique comment la série d’ABC  est devenue un « phénomène de société » grâce à « sa complexité  narrative inédite ».

Peut-on dire que Lost a révolutionné le monde de la série  télé ?

Lost a révolutionné les séries même s’il n’a pas lancé la mode. Il y  avait déjà eu une petite révolution avec X-Files –qui est arrivé un peu  trop tôt à mon avis- et Alias. Ensuite, il y a eu 24 en 2002 qui a donné  un coup de boost aux séries. Puis une petite accalmie avant Lost en  2004. Ca a été un gros boom en termes d’addiction.

Comment ça ?

Lost a su créer une addiction avec une grosse galerie de personnages.  L’une des particularités de Lost est d’avoir créé beaucoup de  personnages principaux avec pour chacun d’entre eux une storyline bien  particulière. Ainsi, il s’avère plus facile de trouver quelqu’un en qui  s’identifier : le bad boy, l’homme de foi, l’homme de science, la nana  fashion… Le thème de la famille est omniprésent avec un rapport à  celle-ci fait de diversité sociale et culturelle. C’est la première  fois, depuis X-Files, qu’une série proposait des mystères, une  mythologie, une intrigue passionnante qui a tenu en haleine avec de  multiples références.

« Pas une série ‘fast-food’ »

Quelle est la force de Lost par rapport à la génération  précédente de séries télé ?

Lost est la balance idéale entre l’artistique et le commercial. Avec en  plus, un univers assez sombre et des thématiques traitées assez  lourdes : le bien, le mal, la mort…  La série a aussi eu la force de  toujours répondre aux interrogations sans répondre, de faire marcher  l’imaginaire, la réflexion. C’est là où se situe la différence avec les  autres séries. Ce n’est plus une série « fast-food », elle ne prend pas  le spectateur par la main. Les réalisateurs ont ajouté une complexité  narrative inédite. Et sans doute que plusieurs questions resteront sans  réponse et qu’elle laissera cogiter longtemps après sa fin.

Pourtant, l’audience a eu tendance à fluctuer ?

Lost a aussi, d’une certaine manière, été victime de son succès. ABC  est avant tout une chaîne familiale. L’audience a d’abord cartonné avant  de s’effriter à la fin de la première saison. Surtout car les  spectateurs se retrouvaient face à quelque chose qui les dépassait. La  fin du show a ensuite été planifiée dès la fin de la saison 3. Une  recette qui s’est avérée gagnante car Lost a recapté de l’audience à  partir de la troisième et quatrième saison.

Le final de dimanche est très attendu…

Le final sera un moment historique. Jamais une fin de série n’avait  été autant attendue. Même pour ceux qui ont lâché la série en cours de  route. Dimanche, ABC n’aura aucun concurrent en face car les autres  séries ont terminé leur saison. Et ABC sera totalement dédiée à Lost  avec une émission spéciale après la diffusion du dernier épisode.

« Les producteurs sont joueurs, et le public a aimé »

Comment expliquez-vous la réussite de cette série ?

Lost est un phénomène de société. Il y a eu un avant Lost et il y aura  un après Lost. On est réellement dans un « phénomène Lost ». C’est  impossible de parler de séries sans que celle-là rentre dans la  discussion. Lost est aussi devenu une référence. Dans le film comique Kickass, au cours d’une scène dramatique, la voix-off dit : « Je ne  connaitrai jamais la fin de Lost. » Cette série est rentrée dans les  codes, dans la culture. Toutes les nouvelles séries entreront en  comparaison.

Quel sera cet « après Lost » ?

Il n’y aura pas de série avec un tel impact marketing avant longtemps.  Ce qui a fait défaut à Flash-Forward par exemple, c’est d’avoir été  annoncée comme le nouveau Lost. La série a donc déçu car elle ne  soutenait pas la comparaison.

Lost a aussi bouleversé le rapport séries/web ?

Les producteurs ont élargi l’univers de Lost au-delà de la série avec  des faux sites, une fausse compagnie aérienne, des épisodes spécifiques  au web, des jeux… Ca a fortement aidé à fédérer les fans. C’est un coup  de maître : cette faculté à teaser, à faire monter la pression. C’est un  art. Les producteurs sont joueurs, et le public a aimé.